Simplement sur les bords des chemins…

Le temps des promenades et cueillettes est enfin là et je vous invite à la découverte de quelques plantes sauvages faciles à reconnaître et à utiliser.

Voici venu timidement le printemps et toute la nature qui se remet en route, étape du cycle naturel des saisons, florissante, tout ce vert qui sort de terre. Les fleurs nous offrent leurs couleurs; le temps, plus propice aux ballades, nous invite sur les chemins de traverse à la rencontre de ces simples, de ces herbes folles qui poussent sauvagement à côté de nous, bordant notre passage d’une infinité de possibilités culinaires et thérapeutiques, à yeux de ceux qui veulent bien prendre le temps de les apercevoir…

Pour commencer notre promenade, je vous invite à découvrir l’ortie et les nombreuses possibilités qu’elle offre en cuisine. Les orties, tout le monde les connaît à cause des piqûres qu’elles provoquent à leur contact. Vous pouvez essayer si vous avez l’âme téméraire ce petit truc assez efficace: lorsque vous partez en cueillette et que vous n’avez pas de gants, au moment de toucher l’ortie, retenez votre respiration, ceci contractera vos vaisseaux sanguins et diminuera le pénétration du produit urticant de l’ortie dans votre organisme, diminuant l’effet piquant de celle-ci. J’ai personnellement testé cette petite astuce et j’ai pu cueillir un petit panier d’orties à mains nues avant d’en ressentir l’effet urticant. Les variétés les plus connues sont l’Urtica dioica et de l’Urtica Urens dont les feuilles sont légèrement anti-inflammatoires et diurétiques et sont une source de protéïnes végétales et de fer assimilable. Elles sont également riches en chlorophylle dont la composition semble rappeler celle de de l’hémoglobine. De plus, une forte concentration en vitamine C facilite absorption du Fer. L’ortie est indiquée en cas d’anémie, d’ostéoporose de part sa teneur en calcium facilement assimilable. Bien entendu, ce n’est pas un plat ou deux aux orties qui résoudra tous vos problèmes mais bien une cure, de tisane d’orties par exemple, tous les jours pendant un mois environ.

Vos pouvez aussi découvrir les nombreuses façons de cuisiner les orties: cuisinées comme les épinards, à mes yeux la meilleure façon et qui exprime le plus le goût de l’ortie, additionnée à vos pâtes à pain, pizza, en soupe, salade, quiche, pesto, tapenade, cake, sirop… N’aillez pas peur de vous accoutumer à cette plante facilement cuisinable et délicieuse.

L’ail des ours appelé de la sorte car les ours en consommeraient à la sortie de leur hibernation ou de son nom latin, Allium Ursinum est une plante vivace qui pousse en colonies plus ou moins étendues dans des zones plutôt ombragées. Ses feuilles ressemblent à celles du muguet (attention, toxique!) avec une texture plus légère et d’un vert plus clair. Vous pourrez facilement les distinguer à l’odeur d’ail qu’elles dégagent et qui repousse les herbivores. L’ail des ours possède de belles petites fleurs blanches à six pétales qui poussent en ombelles délicates.

L’ail des ours, plante médicinale très ancienne aux mêmes  propriétés que l’ail cultivé (Aillium Sativum) riche en vitamine C est aussi reconnue pour ses vertus amincissantes, dépuratives, antiseptiques.

Les possibilités qu’offre l’ail des ours en termes de variétés de préparations, utilisations; sont multiples. Utilisé cru ou cuit, en garniture de vos pizzas, en pesto, cuit comme des épinards, macéré dans de l’huile (utilisez aussi les fleurs dans ce cas),dans une omelette, en beurre, sur un gigot d’agneau, haché dans un yaourt en guise de sauce, dans vos quiches, gratins…Ma préférence allant à l’ail des ours en chips, posez les feuilles  à plat sur une plaque huilée allant au four, badigeonnez d’huile, saupoudrez de sel, enfournez à 80 degrés pour une petite heure en laissant la porte du four légèrement entre-ouverte. Un petit tour de passe-passe surprenant.

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L’alliaire ou Alliaria officinalis ou Alliraia petiolata, est une plante sauvage très répandue, moins connue est devenue envahissante tant elle pousse facilement. L’ailliaire pousse le long des tallus et chemins, au bord des routes et autoroutes (évitez de cueillir là) dans des endroits semi-ombragés. Ses feuilles sont dentées à l’odeur d’ail, lorsqu’elles sont froissées. Les fleurs sont blanches avec quatre pétales en croix.

Au moyen-âge elle était utilisé pour soigner l’asthme, ses graines qui peuvent remplacer les graines de moutarde étaient réduites en cataplasme pour soigner les plaies.

En cuisine, l’on peut simplement la rajouter ciselée aux salades, en faire du pesto (hé oui encore!), l’utiliser en farce pour les raviolis, poêlée avec un peu d’huile en accompagnement…Séchée, elle ne présente pas sa saveur légère et perd de l’intérêt.

C’est une plante dont j’apprécie le côté plus doux de goût que celui de l’ail des ours et j’utilise son pesto à toutes les occasions.

 

 

 

Le lierre terrestre ou Glecboma bederacea est une plante rampante, vivace dont les fleurs sont mauves-bleus. C’est une des herbes de la Saint-Jean et ne possède rien en commun avec le lierre grimpant. Elle atteint dix à quinze centimètres de hauteur et pousse en tapis, en sous-bois Son odeur est parfumée et elle se déguste volontiers en tisane. Quelques branches ajoutées à une potée de pommes-de-terre, donnent un petit goût délicat et original. Ses fleurs se marient bien aux salades, aux apéritifs et parsemées sur des tartines de fromage de chèvre, elles colorent joliment votre assiette. Le lierre terrestre était utilisé au moyen-âge dans la fabrication de la bière et se conservait très bien. Ses principales vertus concernent l’appareil respiratoire car il est reconnu pour traiter l’asthme, la toux, les bronchites.

 

 

Au gré de sentiers poussent à nos côtés ces herbes folles, sauvages qui me ravissent. Comme il est bon de faire confiance à dame nature qui au gré des saisons, nous offre les moyens de nous faire du bien. Si vous aimez la nature, vous y promener, y être, je vous invite à la cueillette comme un moyen simple et sacré de vous re-connecter avec l’esprit des plantes, comme un retour à soi, à l’essentiel. Simplement sur les bords des chemins en cette époque où bien souvent nous ne parcourons plus que des routes, ces petits trésors comme les plus grandes leçons de sagesse.